Lentement mais sûrement le Zimbabwe sort de la crise qui l’affecte depuis longtemps. Après la constitution d’un gouvernement de coali tion nationale, les principaux partenaires au développement ont non seulement levé leurs sanctions sur ce pays, mais ils commencent à l’assister. Il prend des initiatives positives comme celle consistant à rédiger une nouvelle Constitution.
Chris Mbazabi
Les appels du premier ministre zimbabwéen et des pays d’Afrique ont finalement porté leurs fruits. Les institutions internationales, mais aussi les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux du Zimbabwe viennent de lever un à un leurs sanctions contre ce pays africain qui a battu tous les records en matière d’inflations. En effet, depuis la formation d’un gouvernement de coalition dirigé par le premier ministre Morgan Tsvanguirai, la Grande Bretagne et le Commonwealth ont levé l’interdiction imposée à leurs ressortissants de se rendre dans ce pays d’Afrique australe. Un peu avant l’ancienne puissance colonisatrice et la communauté des pays ayant l’usage de la langue anglaise en commun, c’est le Japon, l’Allemagne et les EtatsUnis qui avaient levé l’interdiction faite à leurs citoyens de voyager dans ce pays qui est presque au bord de l’abîme. Pratiquement tous les pays développés d’où sont originaires la quasi-totalité des touristes qui se rendaient au Zimbabwe avaient demandé à leurs citoyens de ne plus se rendre à Harare, jusqu’à nouvel ordre.
Le Ministre du Tourisme, Walter Mzembi, a salué ces décisions, non sans attendre une très prochainement une décision identique du côté de l’Union européenne. Le dollar zimbabwéen est dévalué à plusieurs reprises, plusieurs devises dont en particulier le dollar américain et le rand sud africain circulent au Zimbabwe. Le pays a suspendu son plan de remise en circulation de sa monnaie nationale pour au moins un an. Il rédige également une nouvelle Constitution. La commission mixte parlementaire qui l’a rédige est appelée à orienter cette nouvelle Loi fondamentale dans le contexte de la réconciliation nationale. Le pays a dévoilé un plan de relance économique de l’ordre de 8,5 milliards de dollars US et a demandé aux donateurs régionaux et internationaux de la financer. Ces initiatives ont porté leurs fruits puisque le Zimbabwe a obtenu quelques 400 millions de dollars US de ligne de crédit de donateurs bilatéraux africains, notamment les pays membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadc) et du marché commun pour l’Afrique orientale et australe (Comesa). Le pays a, aussi, obtenu de nouvelles lignes de crédit d’un montant de 450 millions de dollars US. Les 250 millions proviennent de la Banque africaine d’importexport basé au Caire. Ce crédit doit servir au secteur industriel. Les 200 autres millions sont de la PTA Bank, une banque qui a son siège à Nairobi. D’autres partenaires ont aussi accordé des aides au gouvernement du Zimbabwe.
C’est le cas de la Grande Bretagne qui a débloqué 200 millions de rands, de World vision, 50 millions de dollars US, du Brésil ou encore de la Chine. Selon le ministre de l’Economie du Zimbabwe, les nouvelles lignes de crédit de l’Afrimexbank et de la PTA Bank serviront à relancer les industries locales telles que les mines, l’activité bancaire et la production, qui étaient sur le point de s’effondrer du fait de la dure crise économique. Suite à la formation d’un gouvernement de coalition et la conception d’un plan économique crédible, le Fonds monétaire international (Fmi) avait exhorté les donateurs internationaux à apporter leur soutien financier au Zimbabwe. Toutefois, l’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (Hrw), a invité les bailleurs internationaux à ne pas reprendre leur aide au développement au Zimbabwe jusqu’à ce que la Zanu-Pf, le parti du Président Mugabe, composante du gouvernement de coalition, mette fin à ses violations des droits de l’homme et envisage des réformes sérieuses.